LE TEST (Ep 32)

LE TEST (Ep 32) | AfroRaise

LE TEST (Série littéraire) chapitre 32: Trouvez-la moi !

 

            **Bryan**

 

Après avoir passé la journée d'hier aux côtés de ma mère et à l'apaiser, je ressentais vraiment le besoin de me confier à quelqu'un. J'ai passé une nuit blanche, en me ressassant les merveilleux moments passés avec ma sœur. Une personne si adorable, si charitable, comment peut-on la détester au point de vouloir lui ôter la vie ? Je ne le comprends toujours pas. Comme ça a toujours été le cas, la première personne à qui je pense en général quand j'ai un souci, c'est Cédric. J'ai même pris quelques secondes avant de réaliser ce qu'il m'avait raconté à propos de Naomi. Je l'ai tellement détesté pour m'avoir menti et je le tenais fermement pour responsable de la mort de ma sœur. Oui, il a trahi ma sœur en couchant avec sa meilleure amie mais c'est Inès qui a délibérément mis fin à sa vie. J'avais vraiment besoin d'avoir à mes côtés, mon meilleur ami, mon frère de toujours. Alors tôt ce matin, j'ai décidé d'aller le voir. Qui suis-je pour le juger ? Alors que je passe moi-même mon temps à faire du n'importe quoi ? Tout le monde commet des erreurs, c'est indéniable et c'est le fait de vouloir changer qui importe. Il s'apprêtait bien évidemment à se rendre au boulot quand je suis arrivé. J'ai lu de la surprise et un peu de peur dans ses yeux quand il m'a vu arriver.

 

-Cédric: Euh, Bryan ? je n'imaginais pas le moins du monde te voir ici après tout ce qui s'est passé la dernière fois. Et que fais-tu ici de si bonne heure ?

 

-Bryan: Arrête de te culpabiliser Cédric. La mort de ma sœur, ce n'était pas de ta faute. On l'a assassiné.

 

-Lui: Quoi ? Assassiner ? Qui en voudrait à ta sœur au point de vouloir sa mort ? Naomi, c'était quasiment une ange incarnée !

 

-Moi: C'est ce qui me tourmente justement depuis que je l'ai appris également.

 

J'arrive enfin à sa hauteur et je me laisse tomber sur la véranda juste à côté de lui. Et il en fit pareil.

 

-Lui: Qui aurait intérêt à voir Naomi six pieds sous terre ? Dis-moi.

 

-Moi: Je ne sais pas si tu la connais mais c'est Inès, la fille de l'inspecteur KOUMA.

 

-Lui: Quoi ? Inès ? Elle travaillait dans la même clinique que Naomi !

 

-Moi: Oui, c'est bien elle.

 

-Lui: Et pourquoi a-t-elle voulu la tuer ? Et comment a-t-elle fait ?

 

-Moi: C'était parce qu'elle était amoureuse de Kenny et  lui, non.

 

-Lui: Parce que lui s'intéressait plutôt à Naomi.

 

-Moi: Oui, c'est ça. Tu m'avais dit que c'était à cause de lui que vous vous disputiez souvent toi et ma sœur.

 

-Lui: Oui mais ça n'a aucun sens. Juste à cause de ça ?

 

-Moi: Oui. Aussi étrange que cela puisse paraître, les succès de ma sœur énervaient plus d'un. Et Inès en faisait partie.

 

-Lui: C'est cruel, ce monde.

 

-Moi: Je ne te le fais pas dire.

 

-Lui: Et comment a-t-elle fait ?

 

Je pris tout le temps nécessaire pour lui expliquer dans les moindres détails ce qu'elle nous a révélé et il en resta ébahi.

 

-Moi: Depuis tout ce temps, tu as toujours pensé que c'était toi qui était à la base de cet accident alors que c'est faux. Ce n'était qu'un fâcheux concours de circonstances.

 

-Lui: Mais toujours est-il que j'ai trahi ta sœur et je vivrai à jamais avec ça. "Tu me dégoûtes Cédric"; ce sont ces dernières paroles et s'en est allée par la suite.

 

-Moi: Bien sûr que c'est mal ce que tu as fait mais tu dois apprendre à te pardonner à toi-même. Ce n'est que comme ça que tu réussiras à trouver la paix. Moi je te pardonne et je sais que Naomi de son vivant, aurait fini par le faire également. Elle avait un très grand cœur. Arrête de faire du n'importe quoi avec ta vie et consacre-toi pleinement à ta famille. Le passé, c'est le passé. Il faut que tu te tournes à présent vers l'avenir. Redeviens le Cédric qu'on a toujours connu et qu'on aime tant.

 

Quelques larmes tombèrent. Il s'essuya le visage avec sa main avant de déclarer.

 

-Tu m'as manqué frangin.

 

-Moi: À moi aussi mon garde du corps.

 

À cet instant, il afficha enfin son éclatant sourire habituel et on se serra dans les bras.

 

C'est à ce moment que Marina sortit de la maison avec Kylian qui était dans sa tenue scolaire. Elle sursauta dès qu'elle nous aperçoit.

 

-Kylian: Tonton Bryan !

 

 Il courut ensuite vers moi et je le porte.

 

-Moi: Comment tu vas champion ?

 

-Kylian: Je vais bien tonton.

 

-Moi: Ah j'espère que tu es sage et que tu travailles bien à l'école ?

 

-Kylian: Oui Tonton.

 

-Kylian: Ah, c'est bien. Après, je vais t'emmener acheter une glace ok ?

 

Il sourit  à pleines dents après avoir entendu parler de glace. Je m'avance vers sa mère et je lui remets son fils. On se fait un câlin tous les trois. Dans sa tête, elle devait certainement se demander pourquoi ce changement soudain alors qu'il y a juste quelques jours, je la chassais de mon bureau ?  Son mari lui racontera certainement après. Moi je profite juste du moment.

 

Marina partit avec Kylian pour son école. Nous avons tous deux pris la journée Cédric et moi et nous nous sommes rendus à mon appart où nous avons passé le reste de la journée ensemble. Ça fait du bien de revoir son frère (…)

 

           **Pamela**

 

Jusque-là, je n'arrive toujours pas à réaliser que les parents de Jordan aient pu faire ça. Je les ai connus très aimables, tout le contraire de mon père qui a rarement des élans de tendresse. Assez étrange le destin; je tombe amoureux du fils des deux personnes qui ont failli anéanti la vie de mon père justement. Je ne sais même pas ce que je ressens vis-à-vis d'eux. Ils sont les parents de l'homme que j'aime de tout mon cœur qui est également le père de mon fils. Et qui l'eut cru ? Merveille est ma cousine. La vie est réellement pleine de surprises.

 

Comme si tout cela ne suffisait pas, aucun de nous n'est compatible pour donner de la moelle à mon père. Si l'on ne trouve pas une solution au plus vite, il risque de mourir. Je le regarde dormir et rien que le fait d'imaginer qu'il se peut qu'il meure me chagrine déjà. Pourtant les heures passent et il s'affaiblit de plus en plus.

 

 Je ne sais même plus quoi penser enfin de compte. Je suis comme perdue dans un labyrinthe et je n'arrive pas à trouver une issue.

 

Judith ouvre la porte assez discrètement et entre. En dépit de ça, il se réveille. Il a toujours eu le sommeil léger lui-là.

 

-Papa: Mes deux princesses. Vous voir tous les deux près de moi me remplit de bonheur.

 

Nous nous contentons juste de nous approcher du lit et chacune de nous lui tenait une main.

 

-Pamela, promets-moi de bien veiller sur ta petite sœur d'accord ?

 

-Judith(en larmes): Non papa, ne parle pas comme si tu vas mourir. Tu ne mourras pas !

 

-Papa: Tu sais très bien que cela peut arriver à tout moment. L'une des dernières choses que j'aimerais que vous fassiez pour votre vieux père est de retrouver ma nièce; la fille de mon frère. Je veux pouvoir la serrer dans mes bras au moins une dernière fois avant de m'en aller. Pouvez-vous la faire venir ici s'il te plaît ? Et faites venir Jordan également.

 

-Moi: D'accord papa. Je les ferai venir ici.

 

Il se rendort quelques minutes plus tard et moi je sors appeler Jordan, histoire qu'il m'accompagne voir Merveille. Elle va être secouée la pauvre.

 

 

        **Merveille**

 

-Olivier: Allô chérie. T'es occupée là ?

 

-Moi: Non pas vraiment chéri. Il n'y a pas grand-monde au salon aujourd'hui. T'as besoin de moi pour un truc ?

 

-Olivier: D'accord. Oui, j'ai à te parler de quelque chose de très urgent. Tu peux rentrer tout de suite s'il te plaît ? Je suis chez tes parents ?

 

-Moi: Chez mes parents, tu dis ? J'espère que ce n'est rien de grave.

 

-Olivier: Non, ne t'inquiètes pas. Mais viens vite d'accord ?

 

-Moi: Ok. J'arrive tout de suite.

 

De quoi Olivier veut-il me parler aussi urgemment ? J'espère que ce n'est pas ce à quoi je pense. Rien qu'en y songeant, j'ai la chair de poule. Je ne suis pas sûre que ce soit à propos de Fred. Si ça l'était, connaissant Olivier, il aurait déjà débarqué ici. Mais c'est le fait qu'il soit chez mes parents qui m'intrigue un peu. Bon, quand il faut y aller, faut y aller.

 

J'arrive une heure plus tard chez mes parents et je file tout de suite au salon. Je vois assis Jordan, Pamela, une autre jeune fille ainsi que mes parents. Pour une surprise, ça l'est. À ma vue, Olivier se lève pour venir m'embrasser. Je me dirige ensuite vers Jordan et Pamela car cela faisait un petit moment que je ne les ai pas vu tous les deux. J'étais quand-même au courant qu'ils avaient repris et que Pamela est enceinte. Son ventre est bien visible d'ailleurs.

 

-Moi(faisant la bise à Pamela): Quelle surprise ! J'ai appris pour ta grossesse. Félicitations.

 

-Elle(timidement): Merci Merveille. Ah ! Je te présente ma sœur Judith.

 

Je lui serre la main et je me tourne ensuite vers Jordan à qui je fais le même rite avant d'aller saluer mes parents. Ils avaient tous une terrible mine.

 

-Olivier(se levant): Il vaut mieux que je vous laisse seuls.

 

-Moi: Quoi, tu pars mais Jordan et Pamela restent ? Qu'est-ce qui se passe ici ? Je sens que quelque chose ne tourne pas rond.

 

-Olivier: Ils sont plus à même de te l'expliquer crois-moi.

 

Sur ces paroles, il s'en alla. Je me retourne vers mes parents.

 

-Moi: Mais maman, qu'est-ce qui se passe ?

 

Après une longue inspiration, mon père prend la parole.

 

-Père: Merveille, ma fille. J'ai toujours tant redouté ce jour et malgré moi il est enfin arrivé. J'aurais préféré ne pas avoir cette discussion mais aujourd'hui, je suis tenu de le faire. Je ne sais pas si tu t'en souviens. Peut-être que ton esprit a dû refouler cette période de ta vie au fil du temps mais la vérité est que tu n'es pas née dans cette maison.

 

-Moi: Oui je sais. J'étais au collège quand on a déménagé ici.

 

-Père: Je ne parle pas de maison en tant que demeure mais d'un foyer, une famille. En des termes plus clairs, je ne suis pas ton père biologique et ta mère que voici ne l'est pas non plus. On t'a adopté quand tu n'avais à peine que cinq ans.

 

-Moi: Es-tu vraiment sérieux papa ?

 

-Père: Donc tu ne t'en rappelles pas ?

 

-Moi: Non.

 

-Mère: Je n'arrivais pas à concevoir. J'enchainais fausse couche sur fausse couche. On a donc dû s'en remettre à l'adoption. Nos deux familles respectives s'y sont farouchement opposées sauf ta grand-mère qui nous soutenait mais rien n'était vraiment encore décidé. Nous avions l'habitude de faire des dons un peu partout dans le pays. Un jour, on est passé distribuer des cadeaux dans un orphelinat à Kpalimé et c'est ce jour que j'ai vu cette triste jeune fille qui était à l'écart du groupe. Mon cœur a tout de suite fondu en te voyant et j'ai su que c'est toi que je voulais comme fille. À partir de ce jour, on a fait toutes les démarches possible en vue de ton adoption. Quelques mois plus tard, tu étais officiellement notre fille. Néanmoins, crois-le, on t'aime et on t'aimera toujours comme si tu étais notre propre sang.

 

-Père: Oui. À nos yeux, tu resteras toujours notre Merveille chérie, la prunelle de nos yeux.

 

-Moi(pleurant): Et qu'est-il arrivé à mes parents ? Et c'est quoi le rapport avec Jordan ou Pamela ?

 

-Jordan: Je crois que Pamela est la mieux indiquée pour te l'expliquer. Vas-y, chérie.

 

-Pamela: Hum. Voilà…

 

 

         **Vanessa**

 

-Tony Mé: Bienvenue dans mon antre cher associé.

 

-Koffi(s'arrêtant net): Vanessa ? Que fais-tu ici ?

 

-Moi: On dirait que tu viens de croiser un fantôme. Pourtant tu sais très bien que je ne suis pas encore morte.

 

-Tony Mé: Ah, les retrouvailles, intéressant ! Elle est mon invitée et j'ai jugé bon d'organiser ce petit tête à tête pour mettre les choses au clair. Prends place Koffi.

 

-Koffi (s'asseyant): Bonsoir boss.

 

-Tony Mé (me regardant): Pas plus tard qu'hier soir, cette ravissante jeune femme m'a rapporté une certaine discorde entre vous deux et qui aurait fini avec une certaine vidéo sur les réseaux. Bien évidemment, en internaute régulier, je l'ai vu également, cette vidéo. Mais laisse-moi te dire que c'est vraiment d'une telle bassesse venant de toi, le King que je respecte tant. Tu sais très bien que j'aime travailler dans la discrétion la plus absolue et ces genres de dispersions peuvent mettre en péril les affaires. Ça ne m'a guère enchanté, la tournure qu'a pris cette histoire.

 

-Koffi: Boss, c'est elle qui m'a volé en premier et je devais absolument répliquer.

 

-Tony Mé: Je ne veux pas savoir ce qu'elle t'a fait mais toi par contre, tu as agi trop impulsivement et sur ce, je vais être obligé de mettre des mesures.

 

J'esquisse un petit sourire en coin car je suis rassuré dès à présent qu'il a rallié ma cause.

 

-Tony Mé: Eh bien. En tant que ma nouvelle associée, tu lui dois désormais du respect. À ce titre, au vu des dommages moraux qu'a subi la demoiselle, tu lui paieras dix pour cent de tous tes coups pendant six mois. Bien sûr, mes vingt pour cent habituels restent inchangés.

 

-Moi: Mais ce n'est pas ce qu'on a convenu Monsieur Tony.

 

-Tony Mé: Tu sais, les affaires sont les affaires. Il est le King justement parce qu'il me rapporte beaucoup d'argent. Je ne vais pas l'envoyer à l'abattoir juste comme ça à cause du fric fictif que je n'ai pas encore eu de toi. T'es bien jolie et tu sens très bon mais j'aime encore plus l'odeur du blé. Alors, on va le faire à ma manière. Vous avez pigé tous les deux ?

 

-Koffi(timidement): Oui patron.

 

-Moi: Ok ça me va.

 

-Tony Mé: Vous allez donc mettre vos petites rivalités de côté et me rapporter des billets comme j'aime. Et je ne veux plus entendre parler de cette histoire…

 

 Du fric comme dédommagement. Prendre encore plus d'argent chez ce satané Koffi et ce, pendant six longs mois; en voyant la tête de demeuré qu'il fait en cet instant précis, ça en valait la peine. En tout cas, je dois avouer que j'ai bien besoin de cet argent. À présent, il faut que moi par contre je paie mes dettes. J'espère que notre plan marchera.

 

Mais en attendant, je vais m'occuper du cas de cette traîtresse de Sophie.

 

 

 **Trois mois plus tard**

 

          **Bryan**

 

J'ai retrouvé peu à peu ma routine habituelle et je passe plus de temps avec mes gars. Avec eux, j'ai réussi à trouver un certain équilibre dans ma vie.

 

Jordan est devenu papa pour notre plus grand bonheur et j'ai un filleul de plus. Ce qui rend jaloux Olivier mais ce n'est pas de ma faute s'il est un peu instable pour jouer ce rôle (rires). Non, c'est juste parce qu'il n'est pas catholique.

 

 Inès a été condamnée à trente ans de prison ferme pour le meurtre de ma sœur. Elle passera le restant de ses jours en taule mais ça ne nous ramène pas notre Naomi chérie et le chagrin dû à sa perte mais tout ça fait partie des vicissitudes de la vie et il faut apprendre à vivre avec.

 

Il y a aussi Vanessa. Elle m'a également beaucoup soutenu dans ces difficiles moments mais on ne sort pas encore ensemble pour autant. Je sais qu'elle s'attend à cela mais je n'arrive plus à  ressentir ce que j'éprouvais pour elle, alors pour le moment, on se contente d'être juste de bons amis. Je l'ai même présenté aux gars et elle s'est bien intégrée.

 

Par une belle matinée de samedi, je m'habille pour aller faire du jogging. À peine j'arrive au portail que deux agents de police rentraient également suivi d'un autre type en costard.

 

Ce dernier fit sortir sa plaque.

 

-Lui: Je suis l'inspecteur Luc. Vous êtes bien Monsieur Bryan ABALO ?

 

-Moi: Euh oui, c'est moi. Que puis-je faire pour vous ?

 

L'un des deux agents sort les menottes et ils passèrent tous deux derrière moi.

 

-L'inspecteur: Monsieur Bryan ABALO, vous en êtes état d'arrestation pour viol de la dénommée Bella LAWSON.

 

-Moi(me faisant déjà menotter): Quoi ? Je n'ai jamais violé personne. C'est elle qui vous a raconté ces mensonges ?

 

-L'inspecteur: Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz sera retenu contre vous devant un tribunal. Vous avez droit à un avocat. Si vous n'en avez pas, un vous sera commis d'office…

 

-Moi: Mais, c'est une erreur. Relâchez-moi (…)

 

 

À suivre

 

#Nick LEGONOU

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