LE TEST (Ep 24)

LE TEST (Série littéraire) chapitre 24: Conflit d'intérêts
**Marina**
J'ai vraiment passé une bonne soirée hier en compagnie de ce type. Pour la première fois depuis des mois, j'ai rigolé et je me suis sentie bien dans ma peau.
Hier, j'en avais tout simplement marre de rester toute seule à la maison à attendre Cédric qui rentrera probablement très tard en ignorant que je suis là. Alors hier, j'ai juste laissé Kylian chez les voisins et je suis sortie toute seule boire un coup. J'étais censée passé ma soirée à me bourrer la gueule toute seule mais je me suis fait ensuite aborder par ce charmant type et bah ça ne m'a vraiment déplu enfin de compte. Ça fait vraiment du bien de se sentir toujours désirée, que quelqu'un vous regarde. Ça fait vraiment très longtemps que je n'ai pas ressenti cela. J'ai oublié le temps d'un instant que je suis mariée ou que j'ai un enfant. Il a tellement insisté que j'ai fini par lui donner mon numéro. Je ne sais pas mais il fait juste me sentir bien et me rappelle que je suis toujours une femme désirable. Quand j'y pense, les prétendants ne manquaient pas bien avant que je ne m'amourache de Cédric et tomber enceinte de lui. Je pouvais l'arrêter en lui disant clairement que je suis mariée mais sur le moment, je n'ai pas jugé nécessaire de le faire (...)
**Bella**
Où est passé mon Bryan à la fin ? Je l'ai cherché en vain hier toute la journée. Le DRH m'a dit qu'il avait demandé une permission. J'ai même réussi à avoir son numéro par l'un des collègues mais je l'appelle, ça sonne inaccessible. J'espère qu'il sera là aujourd'hui. Il est déjà huit heures. Il doit être déjà là normalement. Je vais donc me rendre à son bureau voir s'il a pu venir aujourd'hui.
Je sonne une puis deux fois. Quelques secondes après, la porte se déverrouille; preuve qu'il est bel et bien là. Je rentre et je le vois les yeux rivés sur son ordinateur et une pile de documents sur la table.
-Ah ! te voilà enfin. Où t'étais passé depuis lundi ? Je t'ai même plusieurs fois appelé hier mais R.A.S.
-Lui (se levant pour me faire la bise): Bonjour Bella. J'ai une semaine de dingue. Une histoire de ouf, je t'assure.
-Moi(m'asseyant): Ah bon ? Bah raconte-la moi alors.
-Lui: Pour te la faire courte, le lundi, je suis bien venu au boulot mais j'étais au port toute la journée. Le même soir, j'ai appris une trahison de la part de mon meilleur ami et le grand bonus, trois types armés m'ont braqué devant chez moi puis ont tenté de me tuer; c'est mon ex qui m'a sauvé la vie.
-Moi: Attends, attends. Tu te fais braquer juste devant chez toi et ton ex te sauve la vie. Tu apprends aussi que ton meilleur ami te trahit, et tout ça s'est bien déroulé durant la même soirée ?
-Lui: Je sais que ça a l'air un peu dingue mais j'ai passé la plus horrible soirée de toute ma vie, je t'assure.
-Moi: Oh je suis totalement navrée pour toi Bry. J'espère que tu n'as rien de cassé.
-Lui: Non, ça va. Ma salvatrice s'en sort juste avec un bras en écharpe parce que c'est où la balle l'a touché; à part ça, rien de bien grave.
-Moi: Ah Dieu merci alors. T'as dû avoir très peur.
-Lui: Je t'assure. Voir la mort juste défiler, il y avait de quoi avoir très peur.
Il était encore plus sexy avec son air de chien battu et ça me donnait encore des envies. Je vais donc lui remonter le moral; je suppose que vous savez déjà ce que j'ai derrière la tête. Je me lève tout en déboutonnant mon tailleur pour passer de l'autre côté.
-Lui: Qu'est-ce que tu es entrain de faire Bella ?
-Moi: C'est évident pourtant non ? Je veux juste te remonter le moral après tout ce que tu as traversé.
-Lui: Mais on est au boulot, Bella.
-Moi:(m'arrêtant devant lui tout en desserrant sa ceinture ): Allez, je sais que tu aimes le danger. Regardes comment ça t'excite déjà.
-Lui(tentant de me retenir dans mon élan): Bella, arrêtes s'il te plaît, ce n'est pas une bonne idée. Non, non, non…Bellllllaaa !
-Moi (branlant son machin toujours dans son boxer mais déjà dur comme fer): Laisse-toi faire Bry. Je sais que tu en crèves d'envie.
Avec le peu de lucidité qui lui restait, il se leva brusquement et j'ai même failli tomber mais la table m'a rattrapé de justesse.
-Moi: Mais…
-Lui: Écoutes Bella. Tu es une très belle femme, douce sympathique en plus et ce que nous faisons ou plutôt ce que nous avons fait la dernière fois, c'était plutôt…
-Moi: Fantastique tu veux dire.
-Lui: En un sens, oui je peux dire pour ne se fier qu'à mon côté petit pervers mais c'est aussi dangereux ce que nous avons fait. D'abord, imagine quelle serait la réaction de ton père s'il apprend que j'ai couché avec sa fille dans sa propre maison. Cela voudrait dire que je n'ai aucun respect pour lui. Ce n'est qu'après que je me suis rendu compte de l'énorme erreur que j'ai commise. Et là encore, dans son entreprise qu'il a bâti à la sueur de son front et qui est aussi mon gagne-pain, ça je ne peux pas. Le mal est déjà fait certes, mais il faut aussi limiter les dégâts. Je suis d'ailleurs arrivé à une phase de ma vie où je n'ai plus envie de coucher avec une fille, rien que pour le simple plaisir de le faire. Je veux maintenant pouvoir construire une vie sentimentale plus stable. Si je te plais bien et que tu le veuilles vraiment, on apprendrait mieux à se connaître pour voir où cela nous mène ou carrément redevenir de très bons amis. Nous sommes tous deux assez adultes pour gérer ça, tu crois pas ? Si je t'ai offensé d'une façon ou d'une autre, je te prie de m'en excuser mais c'est certainement mieux ainsi.
-Moi ( Remettant de l'ordre dans mes vêtements ): Je croyais que tu avais des couilles mais là je me rends compte que t'es qu'une petite mauviette, toi. Tu es prête à laisser partir tout ça alors hasta la vista mon gars. Ne viens surtout pas me courir après car je sais que oui, tu reviendras me manger entre les mains.
-Lui: Si c'est comme ça que tu le prends bah je crois qu'on va en rester là, strictement professionnel.
-Moi: Oh, c'est ça ouais...
Il se prend pour qui celui-là ? Me rejeter moi, Bella, celle que tout le monde désire ? On aura tout vu... Je m'envole vers d'autres horizons. L'herbe sera probablement plus verte ailleurs. Bien que ça n'a été qu'une fois, je dois quand-même avouer qu'il est bon. Dommage qu'il soit aussi simple d'esprit…
* Jordan***
Judith m'a filé le nom du fameux détective. Étrangement, je n'y avais même pas songé. Un homme avec les moyens d'Anani KONDO doit forcément faire appel au meilleur et "Manu", c'est bien le meilleur. Je dirai même que c'est un faiseur de miracles. Des infos ou des pistes, il doit forcément en avoir et ma seule prière est que ces infos aient un quelconque rapport avec moi ou ma famille. Encore plus important, c'est comment les obtenir justement. Car bien évidemment, je ne vais pas me pointer devant lui et lui demander de me gentiment dire tout ce qu'il sait et surtout avec son degré de professionnalisme, c'est improbable. Il faudra soit les lui voler, soit le faire chanter et rien dans cette liste est aussi évident. Ce type est très malin et très méthodique dans tout ce qu'il fait. Avec quoi le faire chanter d'ailleurs ? Vu que le type est presqu'invisible, tel un fantôme.
J'y ai réfléchi pendant des jours et Pamela m'a carrément conseillé de l'embaucher. On verra s'il acceptera de prendre mon affaire puisqu'il y a normalement conflit d'intérêts. En tout cas, wait and see. Justement en parlant d'attendre, je l'attends sur un banc au parc Anani Santos. Un de mes collègues a déjà fait appel à lui et c'est ce dernier qui m'a mis sur sa trace.
Un type aussi prudent, moi je dirai plutôt parano, difficile de le choper. Il m'a demandé de déposer une rose rouge à mes pieds et c'est avec ça qu'il me reconnaîtra. Comme sorti de nulle part, un maigre type bien costumé avec des lunettes Old school vient s'asseoir à côté de moi.
-Lui: Il paraît que vous avez besoin de mes services. Le super détective est à votre disposition. Parlez-moi tout en regardant droit devant vous.
-Moi: Ok. Mon nom est Jordan MATI. Je suis le petit ami de Pamela KONDO, la fille du célèbre homme d'affaires Anani KONDO. Ce dernier s'oppose catégoriquement à notre mariage et semble avoir une dent contre moi et ma famille, j'ai besoin de savoir pourquoi. Mon père s'appelle Pierre MATI et ma mère Monique. Je me suis bien renseigné, il paraît que vous êtes le meilleur; le spécialiste des cas impossibles m'a-t-on dit. C'est très important pour moi alors votre prix sera mon prix.
-Lui: C'est tout ?
-Moi: Oui, c'est tout.
-Lui: Ok. Vous aurez bientôt de mes nouvelles. Je vous recontacterai.
-Moi: Ok.
Il se lève et disparaît en quelques secondes exactement comme il est venu. Très mystérieux ce Manu...
**Détective Manu**
Tiens, tiens, voilà qui devient intéressant. C'est la première fois depuis que j'exerce ce métier, que deux personnes font appel à moi à propos de la même affaire. Il a fallu de peu que je me mette à rigoler devant lui, tellement j'ai trouvé ça marrant. Je pouvais lui dire de quoi ça retournait avant même de me séparer de lui mais je m'en suis abstenu. C'est ce qu'on appelle de l'argent gagné trop facilement. Mais à bien y penser, j'aurais peut-être dû immédiatement décliner son offre vu qu'il y a conflit d'intérêts. M. KONDO n'en serait pas ravi et je risque de perdre un gros client.
Quoi faire dans ce cas ? Tout lui révéler ou rejeter l'affaire ? Je vais prendre quelques jours pour réfléchir à tout ça.
**Bryan**
Le soir, sur le chemin du retour du boulot…
Elle se la pète hein cette Bella ! Moi qui la croyais gentille fille et tout, regardes comment elle me crache son venin au visage. Elle croit que son minou, c'est un passe pour le paradis ou quoi ? Je lui dis que j'ai frôlé la mort et elle dans la minute qui suit, elle veut que je la saute. Bol pour elle, j'ai décidé de ne plus être ce Bryan-là sinon je lui en ferai voir de toutes les couleurs. J'en ai connu plus cinglée qu'elle. Aujourd'hui plus que jamais, je regrette ce qui s'est passé à cette soirée. C'est de loin, l'une des choses les plus stupides que j'ai jamais eu à faire de toute ma vie. Je vais donc tirer un trait définitif sur elle aussi. Moi et ma manie de toujours tomber sur des femmes pas très nettes qui ne m'attirent que des ennuis. Il faut sérieusement que je remédie à ça. Au moins l'une d'entre elles m'a sauvé la vie et c'est peut-être déjà un bon début. Elle est toujours en observation à l'hôpital d'ailleurs, je vais passer la voir avant de rentrer. D'abord, direction supermarché pour lui acheter quelques provisions.
**Trois quarts d'heure plus tard**
-Moi(me baissant pour lui faire la bise): Ah comment se porte mon ange gardien ?
-Vanessa: Un ange, je ne suis pas certaine de l'être mais venant de toi, ça fait du bien de l'entendre. Mais je vais bien, juste fatiguée de cette chambre. Alors et ta journée ?
-Moi: Très fatiguante. J'avais beaucoup de boulot en retard.
-Vanessa: Ah je vois.
-Moi: Désolé de t'avoir laissé toute seule, c'est pour ça que je ne suis pas passé te voir depuis hier. Mais le docteur m'informe en temps réel sur l'évolution de ton état de santé.
-Vanessa: Non, ne t'en fais pas. Je sais que tu aurais beaucoup à faire et avoir travaillé pour toi, je sais ce qu'une seule journée peut laisser comme travail. Mais je ne suis pas restée seule comme tu le crois. Un ami à moi m'a tenu compagnie durant toute la journée. Il est juste descendu manger un truc et faire un petit tour. Il va revenir tout à l'heure.
-Moi: Ah depuis qu'on se connait, c'est la première fois que tu me parles d'un ami à toi.
-Elle: Avant, je te cachais qui je suis en réalité et tu sais pourquoi. Mais maintenant, je veux que tu me connaisses vraiment.…Ah le voilà qui revient justement. Je te présente mon meilleur ami Julius.
-Moi(me tournant vers le gars, un petit gringalet): Julius, il est un romain ou quoi ?
-Julius(rires): Non monsieur. C'est mon père qui trouvait juste que Jules était trop simple et trop commun comme nom donc il a opté pour Julius.
-Moi: Ah ! En tout cas, c'est assez original comme nom, j'aime bien aussi. Ravi de faire de votre connaissance, Julius. Moi c'est Bryan.
-Julius: Enchanté également Monsieur Bryan.
-Moi: Bryan simplement, ça peut aller.
-Julius: D'accord Bryan (…)
À suivre
#Nick LEGONOU