SURVIVANT (Ep 24)

SURVIVANT (Ep 24) | AfroRaise

Richard franchit le seuil de leur maison, couvert de son uniforme kaki et de ses chaussures nu-pieds qu'il arborait fièrement et éternellement. Bien qu'à l'horizon se dessinait un retour à la précarité plus sanglant et plus violent que les précédents mois, il était en apparence libéré. La sensation d'être plus léger, l'impression de s'être décharger d'un énorme poids lui caressait les joues, creusées par une ration alimentaire sans suffisance. Le ciel bleu, d'un bleu aussi pur que celui de la mer, arborait un sourire chaud, brûlant et sans nuages, en voyant Richard sur son éternel chemin. Cette marche qu'il se devait d'effectuer, qu'elle soit joyeuse ou massacrante, son humeur.

 

Les cours se déroulèrent dans un calme sinistre, comme si à la classe, on avait enlevé son âme, Carlos. Le métis surdoué n'était pas présent, chose que tous remarquèrent, les professeurs encore plus, d'autant que certains en étaient soulagés et d'autres inquiets.

Eugénie ne put cacher son stresse de la veille d'un examen. Elle ouvrit tous les livres qui lui passaient sous la main, à la recherche d'un quelconque mot. Telle une rétention d'eau attendant la crue, elle retenait les mots, aussi imprononçables soient-ils, les expressions, aussi illogiques soient-elles, les définitions, aussi longtemps soient-elles.

Comment un nuage dans un ciel, son camarade ne laissait pas apparaître une once d'inquiétude. Les TD étaient finis, il le su, il lui faut trouver autre chose, s'il voulait rentrer avec quelques pièces, pourquoi pas des billets ?

 

 

 

 

Arthur : Alors l'explication, elle vient ? - fit-il en questionnant les deux complices pendant la deuxième pause.

 

Romuald : Richard, tu expliqueras mieux que moi - dit-il en esquivant la question avec raison.

 

 

 

 

Richard et Eugénie se retournèrent vers l'arrière de leur banc, pour faire face à Arthur et Romuald qui occupèrent les bancs vidés par les élèves soucieux de leur ventre.

 

 

 

Richard : Vous vous rappelez de la dernière fois qu'on s'était parlé et qu'on a découvert qu'on se faisait tout bonnement manipuler par Carlos ?

 

>Oui ? Fit Eugénie.

 

Richard : À la fin du TD, Romuald était….

 

Romuald : Laisse moi raconter cette partie s'il te plaît. Je dois le faire moi-même car ça nécessite des émotions que j'ai moi-même ressenti - dit-il sur un ton amuseur.

 

 

 

Arthur et Eugénie ahuris, n'en croyaient pas leurs oreilles. Il était de retour, le Romuald amuseur de galerie. Ils refermèrent leurs bouches et s'apprêtèrent à boire ses paroles.

 

 

 

Romuald : Bien ! - il fit - Ce soir là j'étais rentré et j'ai appris une terrible nouvelle, une nouvelle qui m'a provoqué un choque, presque un arrêt cardiaque. Mon père m'avait dit qu'il compte quitter son boulot car au garage le patron ne payait plus depuis plusieurs moi. J'étais bouche-bée, j'avais encore de l'espoir, je me disais que tout n'était pas encore perdu car je savais qu'il faisait des économies. J'ai ressenti comme une décharge quand il m'a dit qu'il a commencé à puiser dans ses économies depuis un moment et qu'il ne restait plus rien. En y repensant j'ai été égoïste pendant quelques secondes, je me disais qu'il aurait pu m'en parler. J'ai fini par comprendre qu'il faisait tout pour m'éviter ce choque, cette sensation de malaise.

 

 

 

Il fit une petite pause, se mit à triturer ses doigts comme si de son récit, ils étaient imprégnés. Puis il reprit, devenant plus sérieux à chaque mot qui fuyait ses lèvres.

 

 

 

Romuald : J'avais lu sur son regard une profonde tristesse, de l'amertume. Ce regard qu'on a quand les derniers grains d'espoirs commence à briser les fenêtres de notre esprit pour s'échapper. J'ai su que je devais faire quelque chose, mais je ne savais pas quoi. Je suis allé voir Richard ce soir là en espérant qu'il m'aide à trouver une solution. Et c'est là qu'il a eu la brillante idée. Elle m'a plu sur le coup et je me suis un peu perdu dans mon rôle, à un moment je ne voyais que l'argent que je me faisais en vendant cette connerie. Mon père était heureux, et avec l'argent que j'allais lui rapporter, il allait ouvrir son propre garage. C'est tout ce qui comptait pour moi. Je vous demande de me pardonner le fait de ne vous avoir rien dit et surtout que vous avez du me détester et croire que j'étais passé du mauvais côté.

 

 

 

Il se tut, ouvrit un peu plus grand ses yeux pour empêcher une larme de couler.

 

 

 

Romuald : Vous voyez ? C'est de cette émotion là que je parlais. Mon histoire vous a plus ? Vous l'avez trouvé comment ?  - dit-il en passant ses mains sous sa nuque, le sourire aux lèvres.

 

 

Eugénie ne manqua pas de le fustiger de son regard monstrueux et glacial. Il déglutit, son sourire s'évapora dans l'air frais et sec de l'harmattan.

 

 

<<J'aurai bien aimé dire que ce regard ma manqué mais il me donne la chaire de poule. Je me demande comment Carlos et elle font.>> Pensa Romuald qui se mit à regretter sa blague.

 

 

Richard : J'avais réfléchit en long et en large et c'etait l'une des meilleures possibilités. Il nous avait tous approché sauf Romuald. Si tout à coup on acceptait son offre il aurait su qu'on voulait se jouer de lui. Romuald était parfait pour le plan, il avait les bons arguments, son père avait besoin d'argent. Je lui ai aidé à en trouver d'autres…

 

>Comme ? - interrompit Eugénie.

 

Richard : Dire qu'il était mis à l'écart et qu'on ne lui accordait pas d'importance. Le but était de faire croire à Carlos que l'un de nous a mordu à l'hameçon et qu'il commençait à gagner. Et ça à marcher, sauf que Romuald était obligé de vendre de la drogue pour qu'il lui fasse confiance.

 

Romuald : Tu avais raison - dit-il en regardant son ami - Il a essayé de me manipuler et de me faire croire qu'à vos yeux je ne valais rien. Il était devenu tout d'un coup gentil avec moi. Arrivé à un moment, j'ai failli être troublé, il déplaçait des objets insignifiants quand j'avais le dos tourné et il m'accusait de l'avoir fait.

 

Richard : La manipulation de la perception de l'environnement.

 

Romuald : Si tu ne m'en avais pas parlé, je suis sûr que j'allais devenir fou. Il n'y est pas allé de main morte.

 

Richard : Je suppose que pour renforcer votre lien, tu lui as dit de s'en prendre à ma mère.

 

Romuald : En quelques sortes - fit-il avec remord - sinon il ne m'aurait pas cru. Ce qui m'a le plus motivé dans cette histoire de contre manipulation c'est qu'il m'avait dit de lui trouver une meuf avec des fesses comme Andrine. Quand il a dit son nom j'ai tiqué .

 

>Volontairement - dit Richard.

 

Romuald : Oui - il ajouta - C'etait pour lui faire croire qu'il avait heurté une corde sensible et qu'il avait un moyen de pression sur moi. L'imbécile a cru. Il a directement pensé que j'avais des sentiments pour elle. Oh toi lâche moi un peu. C'etait une ruse - dit-il en voyant le regard interrogateur d'Arthur.

 

Richard : Pour ne pas rendre la situation plus compliquée il fallait qu'on garde le silence jusqu'à la fin. Il aurait su qu'on faisait de la comédie.

 

Romuald : Tu as compris le signe pas vrai ? Quand tu étais venu me voir le soir de l'agression.

 

Richard : Quand tu as dit que le match n'était pas encore terminé ? Oui j'ai compris. J'avais vraiment envie d'écraser ta tête contre le mur - dit-il sur un ton amuseur - Tout allait jusqu'à ce que hier, Carlos dise qu'il me fera une dernière proposition que je ne pourrai pas refusé. Eugénie tu étais là.

 

Eugénie : Oui - fit-elle -

 

Richard : Quand j'étais rentré plus tôt, j'ai vu Carlos à côté de ma petite sœur qui jouait avec l'arme dorée qu'on a vu dans la vidéo. Il a menacé de la tuer si je n'acceptais pas son offre.

 

Arthur : Il était prêt à tout, même à faire de cadavres supplémentaires.

 

Richard : J'avais accepté…

 

>QUOI ? - ils s'écrièrent tous en chœur comme au mouvement de main d'un maître de chant.

 

 

 

Quelques-uns des élèves présents dans la salle dirigèrent leurs regards sur le groupe, tout en se questionnant sur la nature de cette bruyante interrogation. Ils se rendirent compte d'avoir haussé le ton et se mirent à chuchoter.

 

 

 

Richard : Si vous étiez à la place, alliez-vous refuser ? Tout en voyant un pistolet braqué sur votre sœur ? - il demanda, en voulant se défendre- je ne pense pas. J'avais dit oui quand les forces de l'ordre sont arrivées et ils l'ont embarqué. Je ne comprenais rien jusqu'à ce que l'un d'eux commence à lui lire l'accusation. Vole, trafique de drogue, meurtre et autres

 

Arthur : Donc ils ont découvert les corps - dit-il attristé - Que leurs âmes reposent en paix - fit-il avec amertume en signant la croix sur son front et sa poitrine.

 

Richard : Mais, tout ceci doit rester confidentiel comme l'a dit le détective Johnny.

 

Eugénie : Ils portaient des cagoules et ils étaient tous en noir, c'est normal ?

 

Richard : Oui, c'etait une force d'intervention en collaboration avec les autorités britanniques.

 

Eugénie : Je comprends, ils étaient presque tous blancs, à voir les contours de leurs yeux.

 

Richard : Ils auraient pu embarquer Romuald mais ils couraient après les gros poissons. Pas les petits dealers.

 

Romuald : Petit dealer ! - il reprit avec sarcasme - Merci, c'est très réconfortant.

 

Richard : Mais il y a un trou dans l'histoire - fit-il remarquer.

 

Arthur : La vidéo ! Comment tu l'as eu ? - en questionnant Romuald.

 

Romuald : C'est là que j'entre en jeu - dit-il tout agité et souriant - Carlos prenait quelques fois des appels quand j'étais avec lui et d'après ce qu'il disait au téléphone, il y avait quelque chose le samedi. Je ne savais pas quoi mais je savais que c'était en rapport avec la raison principale de sa présence. Il m'avait donné un kilo, pour que je le lâche un peu. J'avais emprunté le téléphone de mon père, bon je l'avais volé mais c'était pour la bonne cause. J'avais pris un taxi et on l'a suivi pendant près de vingt minutes. Il avait voulu nous semer mais il n'a pas réussi. J'avais compris qu'il savait que quelqu'un le suivait. J'ai donc pris un autre taxi. Il est arrivé tout mouillé chez le professeur après s'être versé deux bidons d'eau glacée sur le corps, j'avais discrètement pénétré la maison et j'ai vu toute la scène. J'avais le téléphone donc je l'avais filmé. En partant j'ai fait tombé quelque chose et il s'était retourné. Heureusement ils faisait noir. J'ai couru comme un fou pour quitter le quartier. J'ai même trébuché. C'etait après ça j'étais venu vous prévenir. J'ai fait semblant d'avoir supprimé la vidéo, quand je sortais de la classe j'ai fait un signe à Richard et il a compris. Mais je n'y suis pour rien dans l'arrestation de Carlos.

 

Arthur : Woaoh. Qui l'aurait cru. Une seule personne sans émotions vient dans nos vies et tout part en cascades. Ça explique comment il a assassiné la famille sans remords. Je suis content de nous revoir tous réunis et surtout en vie.

 

Romuald : J'ai le plus souffert vous savez. J'ai fait des cauchemars durant trois nuits successivement.

 

Eugénie : Ah oui ? - dit-elle en le regardant méchamment - Ce n'est rien comparé à tout l'argent que tu t'es fait. Il est où d'ailleurs ?

 

Romuald : Je l'ai remit à mon père pour qu'il ouvre son garage - en grattant l'arrière du crâne avec un sourire niais.

 

Arthur : Et s'il revenait ? Je veux dire qu'on ne sait pas combien d'années il prendra. Il pourrait revenir pour terminer ce qu'il a commencé.

 

Richard : Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression qu'on ne le reverra plus jamais, du moins pas de si tôt.

 

Romuald : J'espère bien.

:

Arthur : Son père fera sûrement tout pour le sortir de prison.

 

 

<<Il n'est finalement pas si insensible que ça, Carlos. J'avais cru voir une larme et de la peur sur son visage hier. Je ne le saurai jamais>> pensa Richard en se levant, un léger sourire sur les lèvres, et en se tournant vers le nouveau livre qu'il avait pris à la bibliothèque.

Richard et Eugénie firent leur dernier entraînement sous la supervision du professeur de français. Ce dernier voulant s'assurer de la productivité du temps qu'ils ont eu.

 Le samedi pointa son nez, aussi frais et sec que les cinq jours précédents.

Aussitôt que le soleil présenta aux êtres ses premières lueurs matinales, le garage où fut retenu Carlos s'ouvrit, laissant apparaître son père accompagné de deux hommes. L'un d'eux ressortit au signal du chef et revint avec un seau plein d'eau que Carlos, tête baissée, reçu en pleine visage. Il revint à lui-même dans un lot d'agitations et se mit à respirer avec force, l'eau lui était rentrée dans les orifices nasales.

 

 

 

>Bonjour fils - fit le père avec un regard sévère.

 

>…Silencieux, pendant qu'il se faisait défaire ses liens.

 

 

 

Il manqua de s'écrouler mais fut retenu par les hommes qui servirent de pilier en passant ses bras sur leurs épaules. Durant le trajet jusqu'à la demeure de son père, suite d'un hôtel quatre étoiles, où il se doucha puis mangea, Carlos demeura silencieux comme vidé de ses forces. Monsieur GOLDER se permit d'espérer que son fils deviendra une meilleure personne dans les jours à venir.

De nouveau propre, et sans crasse, Carlos demanda à son père un téléphone pour passer quelques coups de fils, tout lui avait été confisqué, même son paquet de cigarettes.

 

 

 

>Qui tu veux appeler ? - il demanda.

 

>Des amis, et aussi Richard pour m'excuser - répondit Carlos.

 

>Bien ! - fit-il en lui passant le téléphone.

 

 

Il composa un numéro, qui était déjà enregistré, puis s'éloigna de quelques pas.

 

 

> Oui allô Monsieur GOLDER, comment vous allez ? - fit la voix.

 

>C'est moi, Carlos - dit-il à voix basse en envoyant un sourire à son père qui ne le quittait pas des yeux - Je pense qu'il est temps pour vous de me rendre le service que vous me devez.

 

> Je ne sais pas si votre père sera d'accord avec ce que vous allez me demander. Ça dépendra du service.

 

>Vous n'aviez pas pensé à ce que dira mon père quand vous preniez l'argent que je vous envoyais. Que pensera-t-il de vous s'il apprend que son plus vieil ami soutire de l'argent à son fils ? Vous allez me rendre ce service et nous serons quittes - fit-il aussi bas que des murmures

 

>Tout ce que tu voudras - il se résigna.

 

>Il me semble que la deuxième partie d'un concours littéraire inter-écoles que tu présides se déroule aujourd'hui.

 

>Oui, tu voulais t'inscrire ?

 

>Ne sois pas con - reprit Carlos avec insolence - Tu te rappelles de ce concourant, Richard GALLE ?

 

>Ah oui, comment ne pas me rappeller ? - dit-il avec gaieté - le seul n'ayant fait aucune faute et qui faisait des calculs pendant la dictée.

 

> J'ai promis à mon père de faire des efforts pour être une meilleure personne, à entendre votre rire stupide je commence à avoir mal au crâne et à regretter ma décision. Pensez-vous que je vous ai appelé pour discuter copain de Richard GALLE ? - il fit exaspéré

 

>Dites-moi ce que vous voulez pour qu'on en finisse avec votre insolence.

 

>Vous savez ce que vous avez à faire. Ne me décevez pas. Agréable journée monsieur - il termina avec sourire.

 

>Carlos ? - Interrompit le président du jury - Ton père a raison de te demander des efforts. Tu…

 

>Au diable vos conseils - dit-il avec force avant de raccrocher.

 

 

 

Monsieur GOLDER ayant entendu ses dernières paroles, le fustigea, en silence, d'un regard sombre. Il plaça la paume sur le microphone puis sourit à son père.

 

 

>Désolé p'pa. C'est Richard, je l'ai appelé pour m'excuser et il se met à me donner des conseils.

 

 

Il plaça le téléphone à l'oreille et parla pendant des minutes bien que la conversation fut coupée depuis plusieurs minutes. Il raccrocha puis composa un autre numéro.

 

 

>Oui allô ? - Répondit Sylvestre.

 

>C'est moi Syl, c'est Carlos - répondit-il à voix basse.

 

>Mec c'est toi ? T'es passé où ? On te cherche depuis. T'as fait quoi aux meufs de la classe ? Elle n'arrêtent pas de te demander. J'en ai marre de jouer les managers.

 

>Je me suis fait pincer cousin - dit Carlos avec une voix calme et  entrecoupée de violentes toux.

 

>QUOI ?  - Hurla Sylvestre stupéfait.

 

<<Merde, le con >> pensa Carlos en décollant le téléphone de son oreille à cause du hurlement.

 

 

>T'es où en ce moment ?

 

>En Angleterre. Tu as sûrement remarqué que ce n'est pas le numéro de votre pays.

 

>Comment tu vas cousin ? Tu tiens le coup ? Ils t'ont coupé combien d'années ?

 

>Ça peut aller mec - fit-il avec tristesse en soupirant - J'attends le verdict final. Je risque de prendre pas moins de quinze piges - ajouta Carlos.

 

>Saperlipopette !

 

>Tout ça c'est à cause de Richard. Je lui ai fait confiance et il m'a balancé aux flics.

 

>Je t'avais prévenu mec. Je t'avais dit que Richard n'était qu'un gros enfoiré. Un connard, rien de plus. Je ne sais pas ce que tu lui trouvais.

 

>Fhumm, je sais mec. Tu avais raison depuis le début. J'aimerais que tu fasses quelque chose pour moi.

 

>Tout ce que tu veux cousin. T'es la famille.

 

>J'aimerai que tu donnes une bonne correction à Richard GALLE pour moi.

 

>Rien ne me ferait plus plaisir mec - dit-il avec euphorie - bonne correction ou très bonne correction avec quelques fractures ?

 

>Non ! Non, surtout pas de fracture. Contente-toi de bien l'amocher pour me venger.

 

>C'est comme s'il rampait déjà sur le sol. Il est un peu trop proche de Mirabelle ces temps-ci. J'en profiterai pour lui rendre la monnaie.

 

>Pas de fracture j'ai dit - reprit Carlos.

 

>T'inquiète cousin. Fais-moi confiance.

 

>Je savais que je pouvais compter sur toi frangin - dit-il avant de raccrocher.

 

 

 

Il rendit le téléphone à son père, après avoir supprimé les deux appels de l'historique.

 

 

 

 Carlos : J'avais appelé Richard et Romuald pour leur présenter mes excuses.

 

Mr GOLDER : Bien. C'est la meilleure chose à faire fils. Tout est déjà prêt. L'avion décolle dans une heure et demie. Fais descendre nos sacs.

 

Carlos: Mais papa - fit-il indigné - Jack est…

 

Mr GOLDER : Pas de mais qui tienne. Fais descendre nos sacs et mets les dans le taxi ! Tu as un problème avec mon ordre ?

 

Carlos : Non père - il répondit en baissant le regard comme s'il craignaient les fouets de la blanche fumée du cigare en souffrance entre les lèvres de son père.

 

Mr GOLDER : Oui monsieur !

 

Carlos : Aucun problème monsieur - il reprit.

 

 

 

                       

 

 

Richard arriva au centre de concours. La proviseure adjointe, le professeur de français et Eugénie, l'y attendaient avec impatience.

 

 

Eugénie : Toujours très ponctuel à ce que je vois - dit-elle en se rapprochant de lui et en lui tendant un papier mouchoir.

 

Richard : Désolé pour le retard. Tu vas bien ? Tu tiens le coup ?

 

Eugénie : Oui ça va. Va saluer la proviseure et le prof et on entre. On va commencer dans cinq minutes.

 

 

 

Une heure et demie plus tard, Richard et Eugénie sortirent du bâtiment en dernière position. Ils semblèrent bien aller, remarqua la proviseure et le professeur. Ils les interrogèrent sur la quintessence du sujet du jour et leurs avis étaient plus que favorables. Tout sembla indiquer que l'aventure était loin d'être terminée pour les deux représentants de l'école publique. La proviseure déposa la camarade du sudoué à l'école, alors que ce dernier demanda à rentrer sans escorte.

Il déambulait sous le chaud soleil du presque midi quand quatre ombres apparurent devant lui, ils formèrent bientôt un carré autour de lui et se rapprochèrent de plus en plus. Richard jetta des regards sur tous les côtés, cherchant une issue. Il se rendit compte que le corner était vide de monde, forte est sa malchance.

 

 

<<Si je savais, j'allais partir avec madame Allas>> il pensa.

 

 

 

>Hey, vide tes poches et donne nous le téléphone que tu as dans ta poche - cria l'un d'eux en remarqant la forme rectangulaire de la poche

 

 

 

<<C'est juste un braquage. Je leur donne le téléphone, et ils verront que je n'ai rien d'autre sur moi puis me laisseront partir>>

 

A SUIVRE…

ECRIT PAR PRIVAS_WINNER

 

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